Femme se tenant la mâchoire douloureuse

Douleur à la mâchoire : causes, que faire et quand s'inquiéter

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Une douleur à la mâchoire vient, dans la grande majorité des cas, de l'articulation qui la relie au crâne (l'articulation temporo-mandibulaire, juste devant l'oreille) ou des muscles qui la font travailler, surmenés par le serrement et le grincement des dents. Plus rarement, la cause est dentaire, articulaire au sens rhumatologique, ou projetée depuis une autre région. La plupart de ces douleurs se calment avec des mesures simples de mise au repos, mais certaines associations de signes changent complètement la conduite. Voici comment identifier l'origine de la vôtre, ce qui soulage vraiment et les situations qui ne doivent pas attendre.

Appelez le 15 immédiatement si la douleur de mâchoire survient à l'effort ou brutalement, irradie vers le bras, l'épaule ou la poitrine, ou s'accompagne d'une oppression thoracique, d'essoufflement, de sueurs ou de nausées : une douleur de mâchoire, surtout du côté gauche, peut être le signe d'un problème cardiaque, y compris sans douleur dans la poitrine. Consultez en urgence également si la mâchoire est bloquée (impossible d'ouvrir ou de fermer), déformée après un choc, ou si la douleur s'accompagne de fièvre et d'un gonflement du visage.

D'où vient la douleur : le tour des causes

L'articulation et les muscles : la cause numéro un

L'articulation temporo-mandibulaire (ATM) travaille des milliers de fois par jour, et son dysfonctionnement (le SADAM, ou trouble temporo-mandibulaire) est de loin la première cause de douleur de mâchoire. Le tableau typique : douleur devant l'oreille, d'un côté ou des deux, craquements ou claquements à l'ouverture, sensation de mâchoire qui accroche, se décale ou se bloque brièvement, fatigue ou douleur des joues et des tempes, parfois maux de tête et douleur projetée vers l'oreille.

Son grand pourvoyeur est le bruxisme : serrer ou grincer des dents, la nuit surtout, surmène muscles et articulation. Le signe qui trahit : une mâchoire douloureuse et raide au réveil, avec parfois des dents sensibles et un conjoint qui entend grincer. Nous consacrons un article complet aux solutions contre le bruxisme.

Les causes dentaires

Une dent de sagesse inférieure qui pousse ou s'infecte, une infection dentaire qui diffuse, une dent douloureuse à la mastication qui fait travailler la mâchoire de travers : la sphère dentaire projette volontiers vers la mandibule. Deux repères pour la distinguer : la douleur dentaire est déclenchée par le chaud, le froid, le sucré ou la pression sur UNE dent précise (notre guide de la rage de dent détaille ce tableau), et l'inflammation du ligament d'une dent donne une douleur au moindre contact sur cette dent, décrite dans notre article sur l'arthrite dentaire.

Les autres origines

  • L'arthrose ou l'arthrite de l'ATM, comme pour toute articulation, surtout après 50 ans ou en cas de rhumatisme connu.
  • La névralgie faciale (dont la névralgie du trijumeau) : décharges électriques brèves et fulgurantes déclenchées par un effleurement, la parole ou la mastication. Ce tableau très particulier relève du médecin, puis du neurologue.
  • Les douleurs projetées : otite, parotidite, et une sinusite maxillaire peut projeter vers la mâchoire supérieure.
  • Le traumatisme : choc, chute, ouverture forcée (bâillement, gros sandwich, soin long). Une douleur post-traumatique avec déformation, trouble de l'occlusion (« les dents ne se touchent plus pareil ») ou blocage évoque une fracture ou une luxation : urgence.

En attendant la consultation : mettre la mâchoire au repos

Pour les douleurs articulaires et musculaires, qui sont l'immense majorité, la mise au repos fait l'essentiel :

  1. Alimentation molle quelques jours : rien de dur, pas de chewing-gum, couper les aliments petits, éviter les grandes bouchées et les bâillements à pleine ouverture (soutenir le menton du poing en cas de bâillement).
  2. Chaleur douce sur les muscles : une compresse tiède sur la joue et la tempe, 10 à 15 minutes, détend la musculature. ATTENTION, cette règle s'inverse en cas de cause infectieuse : si la douleur vient d'une dent ou s'accompagne d'un gonflement, jamais de chaud (cela aggrave l'infection) : le froid externe est alors la seule option. En cas de doute sur l'origine, froid.
  3. Chassez le serrement diurne : la position de repos correcte est dents séparées, langue au palais, lèvres jointes. Se surprendre à serrer des dizaines de fois par jour et relâcher est, à lui seul, un traitement.
  4. Limitez ce qui surmène : téléphone coincé entre oreille et épaule, mastication unilatérale, ongles et stylos mordillés.
  5. Pas d'automédication au long cours : une douleur qui nécessite des antalgiques plusieurs jours de suite est une douleur qui nécessite un diagnostic. Le pharmacien peut conseiller ponctuellement ; au-delà, consultation.

Qui consulter, et ce que sera le traitement

Le chirurgien-dentiste est le bon premier interlocuteur pour toute douleur de mâchoire sans signe d'urgence : il examine dents, occlusion, muscles et ATM, et fait le tri entre origine dentaire, articulaire et musculaire. Selon le diagnostic :

  • Trouble de l'ATM et bruxisme : mesures d'éducation et de repos, kinésithérapie spécialisée (exercices, détente musculaire), et souvent une gouttière occlusale portée la nuit, qui protège les dents et détend l'articulation. C'est un dispositif remboursé : sa base de remboursement est de 172,80 €, prise en charge 120,96 € par l'Assurance maladie, le complément relevant de la mutuelle. Le trouble de l'ATM se traite bien, mais dans la durée : les résultats se jugent en semaines.
  • Cause dentaire : le soin de la dent en cause règle la douleur projetée (carie, dent de sagesse, infection), aux tarifs conventionnés habituels.
  • Malocclusion significative : un avis orthodontique peut être proposé quand l'engrènement des dents entretient le trouble.
  • Névralgie, arthrite inflammatoire, douleur inexpliquée : relais vers le médecin traitant, qui oriente (neurologue, rhumatologue, ORL selon le tableau).

Un mot sur les manipulations : kinésithérapie et rééducation spécialisées ont fait leurs preuves sur les troubles de l'ATM ; les manipulations forcées de la mâchoire, elles, sont à éviter, surtout en phase douloureuse aiguë.

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