Angela Rossi
Gouttière dentaire : types, port, prix et à quoi elle sert vraiment
Une gouttière dentaire est une coque en plastique médical, presque toujours sur mesure. Le mot unique recouvre quatre métiers : aligner des dents, protéger l’émail du bruxisme, plaquer un gel de blanchiment, ou tenir le résultat d’une orthodontie. Confondre ces emplois, c’est signer le mauvais devis, porter la mauvaise durée, et s’étonner que « ça ne marche pas ».
Cette page est le hub. Elle pose le vocabulaire, le port, les prix français, l’avant / après réaliste d’un traitement type aligneurs (souvent 6 à 18 mois, 20 à 22 heures par jour), la place réelle de la gouttière dans une chirurgie orthognathique, et ce que l’on gagne, et ce que l’on perd, à commander une pièce chez un prothésiste sans bilan chez le dentiste. Quatre guides dédiés détaillent chaque famille : alignement, nuit / bruxisme, blanchiment, contention. L’orthodontie adulte et le choix bagues ou gouttière ont leurs dossiers. Le décalage osseux se discute dans prognathisme.
À retenir
- Quatre familles, un mot. L’aligneur déplace. L’occlusale protège. La gouttière de blanchiment plaque un gel. La contention tient le résultat.
- Alignement type Invisalign : 20 à 22 h/jour, changement toutes les 1 à 2 semaines, souvent 6 à 18 mois.
- Bruxisme : la nuit. Blanchiment : protocole court. Contention : souvent la nuit, longtemps, parfois à vie.
- Chirurgie des bases osseuses : la gouttière prépare et stabilise. Elle ne remplace pas une ostéotomie. Parcours combiné : 18 à 36 mois.
- Labo sans dentiste : parfois plus rapide et moins cher. Pas de diagnostic, pas de Sécu, risques de maladaptation.
- Fourchettes France : occlusale 200 à 600 €, blanchiment cabinet 300 à 800 €, alignement 1 500 à 5 000 €.
Qu'est-ce qu'une gouttière dentaire ?
Sur le plateau, ça se ressemble : une coque transparente, thermoformée ou imprimée, qui épouse les collets. Dans la bouche, le job change. La gouttière d’alignement (aligneur, gouttière transparente, souvent associée au nom Invisalign, parfois à d’autres systèmes) exerce une pression douce et progressive pour déplacer les dents. La gouttière occlusale ne déplace rien : elle encaisse le serrement. La gouttière de blanchiment est un réservoir. La contention est un verrou. Quatre tracés. Un mot dans la conversation, et dans trop de devis.
Le principe commun, c’est la sur-mesure. Empreinte physique ou scan intra-oral, plastique médical, adaptation aux collets et aux faces occlusales. Mal adaptée, la coque irrite la papille, fuit, bascule, ou ne transmet aucune force utile. Les thermoformées de pharmacie existent : elles tiennent un usage ponctuel, pas un plan de traitement. Le prothésiste dentaire sait fabriquer. C’est son métier, encadré, formé, précis. Il ne pose pas l’indication. Le chirurgien-dentiste ou l’orthodontiste diagnostique ; le plastique exécute.
Contrairement à un appareil avec bagues, les gouttières d’alignement sont amovibles et discrètes. On les retire pour manger et se brosser, ce qui simplifie l’hygiène, à condition de les replacer ensuite. C’est aussi leur talon : un aligneur dans une serviette de restaurant n’aligne plus rien. L’orthognathie, chirurgie des bases osseuses, n’est pas une gouttière. La gouttière peut préparer les arcades ou stabiliser le résultat. Elle ne recule pas une mandibule de plusieurs millimètres. Voir prognathisme.
- Sur mesure. L’empreinte dicte la forme. Une plaque « taille unique » n’a pas la même ambition qu’une série d’aligneurs numérotés.
- Plastique médical. Matériaux certifiés. L’eau bouillante, le dentifrice abrasif et le radiateur déforment ou rayent.
- Amovible. Confort, hygiène, repas. Contrepartie : discipline. 20 à 22 heures pour aligner, pas « quand j’y pense ».
- Un tracé, un objectif. Aligner, protéger, blanchir, tenir. On nomme le job avant de parler de marque.
Chez l’adolescent comme chez l’adulte, les gouttières transparentes sont devenues une option d’orthodontie très demandée, précisément parce qu’elles se voient peu. Ce n’est pas une raison pour en faire l’appareil universel. Les cas squelettiques restent aux bagues, à la chirurgie, ou aux deux. Une occlusion douloureuse, une usure, un trouble fonctionnel, une apnée liée aux mâchoires : le bilan précède le plastique. On ne commence pas un traitement sur une bouche cariée, infectée ou une parodontite active.
Les quatre familles
Le même mot, quatre protocoles, quatre durées de port, quatre devis. Le tableau pose les ordres de grandeur. Le détail suit. Si vous lisez « gouttière » sur un devis sans autre précision, demandez laquelle.
| Type | Port | Durée typique | Ce qu'elle fait |
|---|---|---|---|
| Aligneur | 20 à 22 h/j | 6 à 18 mois (parfois jusqu’à 24) | Déplace les dents par paliers |
| Occlusale / bruxisme | Nuit | Tant que le bruxisme | Protège émail, composites, couronnes |
| Blanchiment | 30 min à une nuit | 1 à 3 semaines | Plaque le gel sur l’émail naturel |
| Contention | Nuit (souvent) | Années / indéfini | Empêche la récidive après ortho |
Alignement : 20 à 22 heures par jour
Les gouttières d’alignement (Invisalign est la marque la plus citée, d’autres systèmes existent) sont une série de coques. Chaque palier déplace les dents d’une fraction de millimètre, souvent de l’ordre de 0,25 mm. On change de gouttière toutes les une à deux semaines. Taquets collés, stripping, élastiques : le plastique seul ne fait pas tout. Cas légers à modérés, patient discipliné : c’est l’indication. Chevauchement sévère, rotation importante, décalage squelettique : on discute bagues, parfois chirurgie. Le comparatif : bagues dentaires ou gouttière.
Pourquoi on les choisit : la discrétion, le confort (pas de fils qui irritent la joue), la praticité (on retire pour les repas et le brossage), un plan personnalisé avec une simulation. Ce n’est pas magique. C’est de l’orthodontie amovible. Vingt heures minimum, vingt-deux visées. En dessous, le palier suivant ne rentre plus, le calendrier glisse. Le dossier dédié : gouttière d’alignement.
Le traitement commence par une analyse : photos, empreintes ou scan, parfois radiographies. Les premiers changements se voient souvent dès les premières semaines. La durée d’un protocole type se situe en général entre 6 et 18 mois. Certains cas simples finissent plus tôt ; d’autres tirent vers 24 mois. Après la phase active, la contention n’est pas optionnelle.
Bruxisme : la nuit
Une pièce, souvent maxillaire, portée la nuit. Elle absorbe les parafonctions : serrement, grincement. Elle ne « soigne » pas le stress, ni le café du soir. Sans elle, on use l’émail, les composites, les couronnes, parfois l’ATM. Le port, c’est la nuit, 6 à 8 heures en pratique, tant que le bruxisme est là. Une occlusale n’aligne pas. Si elle déplace les dents, c’est qu’elle est mal conçue. Détails : pourquoi porter une gouttière la nuit.
On la prescrit après un examen : usure, fractures de restaurations, douleurs musculaires, parfois un interrogatoire de conjoint. Les thermoformées de pharmacie calment une urgence de quelques nuits. Pour un bruxisme installé, la sur-mesure limite les bascules et les appuis iatrogènes.
Blanchiment
Réservoir pour un gel au peroxyde (hydrogène ou carbamide). La gouttière plaque le produit sur l’émail des dents naturelles. Elle n’éclaircit pas une couronne, une facette, un composite. Protocole court : souvent 30 minutes à quelques heures par jour, parfois la nuit si le gel est dosé pour ça, sur une à trois semaines, sous suivi. Ce n’est pas un aligneur. Porter une gouttière de blanchiment 22 heures ne blanchit pas plus vite : ça irrite. Guide : gouttière de blanchiment.
Contention
Après l’ortho, les dents ont une mémoire. Fil collé derrière les incisives, gouttière de nuit, souvent les deux. C’est le traitement que les patients lâchent, et le moment où le sourire recule. Port souvent nocturne, sur des années, fréquemment indéfini. Surveiller la pièce : fêlée, trop lâche, perdue, elle ne contente plus. Le guide : contention orthodontique.
Avant de commencer : l'état initial
Avant toute gouttière d’alignement, et avant beaucoup d’occlusales, on fait un point précis sur la bouche. Les patients qui envisagent une orthodontie adulte doivent comprendre ce que l’état initial autorise, et ce qu’il interdit. On ne lance pas les gouttières sur une radio floue et une photo de sourire.
Alignement. Degré de chevauchement, d’espacement, de rotation, de recouvrement. Les photos de face, de profil, de l’occlusion, servent de référence. Sans ce « avant », l’après n’est qu’une impression. Un diastème n’est pas un encombrement ; une rotation de canine n’est pas un articulé inversé.
Occlusion et mâchoires. Un mauvais contact use, fait mal, fatigue l’articulation. Un décalage des bases (maxillaire trop reculé, mandibule trop avancée) n’est pas un problème de plastique. L’aligneur peut aligner des dents sur une base fausse ; il ne recale pas la base.
Santé bucco-dentaire. Caries, infections, maladies des gencives : on soigne d’abord. Une gouttière plaquée 22 heures sur une carie, une poche parodontale ou une gencive inflammatoire aggrave. Aligneur + plaque = taches, gingivite, mauvaises surprises à la dépose des taquets.
Ce que le bilan doit avoir vu
- Photos de face, sourire, profil, occlusales
- Empreintes ou scan 3D, moulages ou fichiers
- Radios (panoramique, parfois téléradio, parfois cone beam)
- Carte des caries, des restaurations, de la gencive
- Occlusion, ATM, éventuel décalage squelettique
- Attentes écrites : alignement, profil, délai, budget
Le processus type aligneurs (6 à 18 mois)
Qu’il s’agisse d’Invisalign ou d’un autre système, le parcours commence par l’analyse, puis un plan sur mesure. Ce plan tient compte de l’alignement, de l’occlusion, et de ce que le patient accepte comme contrainte de port. Voici le déroulé type, pas un contrat.
Empreintes et simulation. Caméra intra-orale ou empreintes physiques. Photos « avant ». Parfois une simulation des étapes, utile pour voir le chemin, pas pour croire que l’ordinateur a déjà réussi le cas. Si le logiciel promet un profil transformé sans ostéotomie, on repose la question du diagnostic.
Fabrication et remise. Les gouttières sont fabriquées sur mesure, souvent en série, puis remises avec des instructions : heures de port, ordre des numéros, taquets, élastiques, ce qu’on boit avec (l’eau), ce qu’on ne boit pas (le reste). Le suivi ajuste. Ce n’est pas un colis sans clinique.
Port quotidien. En continu, généralement 20 à 22 heures par jour, sauf repas et brossage. Un aligneur 12 heures « parce que je travaille » n’est pas un demi-traitement : c’est souvent un traitement qui décroche. On brosse avant de replacer. On range la pièce dans son étui. On ne mange pas avec. On ne mixe pas les familles : une occlusale n’aligne pas pendant le sommeil, un aligneur n’est pas un protège-émail de bruxisme sévère.
Changements et suivi. Toutes les une à deux semaines, on passe à la gouttière suivante. Si la suivante ne rentre pas, on ne force pas : on rappelle le cabinet. Des rendez-vous recollent un taquet, ajustent des élastiques, commandent des raffinements si un groupe de dents n’a pas suivi.
Calendrier type d’un alignement isolé
- Bilan, photos, empreintes ou scan, radios
- Plan, devis, pose des taquets si besoin
- Port 20 à 22 h, changement toutes les 1 à 2 semaines
- Contrôles, raffinements éventuels
- Fin de phase active : 6 à 18 mois le plus souvent
- Contention (fil et/ou gouttière de nuit)
Avant / après : résultats réalistes
L’avant / après d’une gouttière d’alignement n’est pas une publicité de sourire hollywoodien. C’est une réduction de chevauchements, d’espaces, de rotations, une occlusion plus propre, un sourire plus régulier. Les photos le montrent quand le « avant » a été pris dans les mêmes angles, la même lumière, la même mimique. Un selfie flash contre une photo de studio ne prouve rien.
Ce que les patients constatent, quand le port a été tenu : dents mieux alignées, hygiène plus simple, moins de zones de tartre entre des dents autrefois enchevêtrées, fermeture plus confortable, esthétique plus harmonieuse. Vers trois mois, l’avant / après est déjà lisible sur beaucoup de cas légers à modérés. Ce n’est pas la fin du traitement. Le « après » définitif se photographie à la dépose des derniers aligneurs, puis se revérifie à six et douze mois de contention. Ce n’est pas une personnalisation de visage. Le menton, les lèvres, le nez ne reculent pas parce qu’on a porté du plastique.
| Avant | Après (si le protocole est tenu) |
|---|---|
| Chevauchements, espaces, rotations visibles | Alignement plus régulier, sourire plus homogène |
| Contacts occlusaux inconfortables, usure | Occlusion souvent plus fonctionnelle, dans la limite de l’os |
| Hygiène difficile entre des dents enclavées | Brossage et fil plus accessibles |
| Attente d’un profil transformé | Le profil osseux ne change pas sans chirurgie |
Stabilité : après l’appareil, gouttières de contention ou fil collé. Sans eux, la récidive n’est pas une malédiction, c’est la biologie. Un décalage squelettique restera un décalage squelettique, dents plus droites ou non. Pour un prognathisme, l’après réaliste d’une gouttière seule est un alignement dentaire, pas un recul de mandibule.
Ce qui change le résultat
Chaque bouche est unique. La durée, la qualité de l’alignement, la stabilité après l’appareil varient.
- Complexité du cas initial. Encombrement important, occlusion inversée, recouvrement marqué : plan plus long, parfois un autre appareil. Un encombrement léger n’est pas une Classe III.
- Respect du protocole. Porter le nombre d’heures. Un port irrégulier retarde, parfois compromet. La gouttière suivante qui « ne rentre plus » est souvent un calendrier non tenu.
- Qualité des gouttières. Sur mesure, bien adaptées, elles transmettent la force. Un modèle standard, une plaque trop souple : moins d’effet, plus de gencives à vif.
- Suivi professionnel. Un orthodontiste, en orthodontie adulte ou chez l’adolescent, ajuste, recolle, raffine. Sans rendez-vous, le plan vieillit mal.
- Âge. Souvent plus rapide chez les jeunes adultes. Les traitements restent efficaces à tout âge, sur des dents parodontalement saines. L’os de 55 ans n’est pas l’os de 18 ans ; il bouge encore.
- Phase de contention. Sans gouttière de nuit ou fil collé, l’alignement obtenu n’est pas un acquis.
- Hygiène. Une gingivite sous aligneur n’est pas « normale ».
Deux patients, un appareil similaire, des résultats différents : situation de départ, implication, qualité des pièces, parodonte. Les galeries de photos des cabinets illustrent cette diversité. Elles ne sont pas une garantie personnelle.
Choisir et entretenir sa gouttière
Le choix n’est pas une marque d’abord. C’est une indication. Type : aligneurs pour un cas dentaire compatible, occlusale pour le bruxisme, réservoir pour le blanchiment, contention après. Matériaux certifiés. Plan suivi par un professionnel. On ne choisit pas une gouttière comme un étui de téléphone.
- Nettoyer à la brosse souple et au savon doux. Pas de dentifrice abrasif : il raye, les bactéries s’y logent.
- Rincer à l’eau tiède, jamais chaude, jamais bouillante : le plastique se déforme.
- Ne rien manger avec. Ne boire que de l’eau, coque en bouche. Café, thé, vin, soda : taches et sucres sous plastique.
- Étui dès que la gouttière sort. Une serviette de restaurant, un sac, une poche : poubelle ou chien.
- Brossage des dents avant de replacer un aligneur. Plaque + 22 heures de confinement : gingivite express.
- Contrôle si elle fend, sent, coupe, ou ne rentre plus.
Phase de contention : respecter la durée prescrite. Consulter si déformation, fil qui se décolle, pièce trop lâche. Ces gestes n’améliorent pas un mauvais plan. Ils empêchent un bon plan de pourrir.
Gouttière et chirurgie orthognathique
La chirurgie orthognathique corrige la position des mâchoires. On y recourt quand la structure osseuse est trop déséquilibrée pour un traitement dentaire seul : maxillaire trop avancé ou trop reculé, mandibule de même, menton en cause. Conséquences : mastication, esthétique du visage, respiration, parfois le sommeil.
Le lien avec la gouttière est complémentaire, pas substitutif. Avant l’intervention, les aligneurs (ou des bagues) préparent les dents : on les place où elles devront être une fois les bases recalées. Après, une gouttière aide à stabiliser la nouvelle position et à poursuivre la finition. Dans les grandes villes, les équipes pluridisciplinaires (orthodontiste et chirurgien maxillo-facial) construisent ce parcours. Ce n’est pas un plateau de plastique livré à domicile.
L’association n’est pas systématique. Elle concerne les déséquilibres importants que l’orthodontie classique ne rattrape pas. Le choix entre gouttières et bagues, dans ce contexte, dépend du type de malocclusion et de l’avis de l’équipe. Comparatif : bagues ou gouttière. Cadre du décalage : prognathisme.
Objectifs du protocole combiné : améliorer la fonction masticatoire et la stabilité de l’occlusion ; optimiser l’esthétique du visage (c’est l’ostéotomie qui déplace le visage, pas la gouttière) ; corriger certains troubles fonctionnels, dont certaines apnées liées à la position des mâchoires. Le but est une harmonie faciale durable, pas un sourire à trois mois.
Le parcours combiné : 18 à 36 mois
Le traitement combiné n’est pas un alignement de 8 mois avec une parenthèse au bloc. C’est un parcours long.
Consultation initiale. Orthodontiste et/ou chirurgien maxillo-facial. On évalue la position des mâchoires, l’occlusion, les besoins. Ce n’est pas un rendez-vous « pour des gouttières ».
Planification. Radios, empreintes ou scan, photos, parfois tracés céphalométriques. Les gouttières peuvent préparer les arcades si le cas dentaire s’y prête ; les bagues restent fréquentes en pré-chirurgical, plus prévisibles sur certains mouvements.
Phase orthodontique pré-chirurgicale. On aligne et on décompense : les dents doivent cesser de masquer le décalage osseux. Cette phase dure souvent une année ou davantage.
Intervention. Ostéotomie maxillaire, ostéotomie mandibulaire, parfois génioplastie, sous anesthésie générale.
Suites et suivi. Alimentation mixée puis molle, œdème, gêne à l’ouverture, sensibilité du visage souvent transitoire. Une gouttière est souvent portée pour stabiliser. Suivi conjoint, puis contention. Le retour à une vie normale est progressif. Durée d’ensemble : souvent 18 à 36 mois.
La chirurgie est en règle générale réservée aux patients dont la croissance des mâchoires est terminée. Opérer trop tôt, c’est risquer que la croissance défasse le recul ou l’avancée. Les aligneurs chez un adolescent ne remplacent pas une future ostéotomie si le décalage est génétique et squelettique.
Ce que la gouttière ne corrige pas
Dans un parcours orthognathique, la gouttière est un outil : guidage, stabilisation, confort relatif pendant la cicatrisation, finition une fois les bases recalées. Ce n’est pas l’opération.
La gouttière, dans ce contexte, sert à…
- Préparer les dents avant l’ostéotomie (quand le cas le permet)
- Stabiliser maxillaire ou mandibule après l’intervention
- Accompagner la cicatrisation et limiter les déplacements parasites
- Finir l’occlusion une fois les bases recalées
Elle ne fait pas…
- Remplacer la chirurgie sur un déséquilibre important des mâchoires
- Modifier l’esthétique du visage comme une ostéotomie
- Traiter à elle seule une apnée sévère d’origine squelettique
- Reculer une mandibule de plusieurs millimètres, ni « égaliser » une Classe III osseuse
Les risques de l’ostéotomie existent : infection, saignement, troubles de la sensibilité du visage ou des dents, ouverture buccale temporairement limitée. Une équipe rompue à la maxillo-faciale et une préparation propre les réduisent. Ce n’est pas anodin. Ce n’est pas non plus un argument pour rester sur un aligneur seul si le diagnostic est osseux.
Commander chez un prothésiste sans dentiste
Le prothésiste dentaire est un acteur central, souvent invisible. Il conçoit et fabrique, sur indication, des prothèses et des gouttières. Formation : brevet technique des métiers (BTM). Le métier est encadré. Ce n’est pas un bricolage. Même quand un patient veut « éviter le dentiste », le prothésiste reste ce professionnel-là : fabricant, pas clinicien.
Ce qu’il ne fait pas : l’examen clinique, le diagnostic, la prescription d’un traitement. Cette frontière n’est pas un détail syndical. C’est ce qui sépare une plaque bien faite d’une plaque indiquée.
Pourtant, de plus en plus de personnes cherchent une gouttière sans passer par le dentiste. Les motifs sont lisibles : coût, délais, simplicité, mauvais souvenir de fauteuil. L’Assurance maladie, en règle générale, ne prend pas en charge une gouttière sans prescription.
Le raccourci a des étapes, même sans ordonnance. On identifie un laboratoire, on prend une empreinte sur place, on récupère une pièce en résine. Cette empreinte copie des dents. Elle ne dit pas si une molaire est fêlée, si une gencive saigne, si l’ATM craque. Pas de diagnostic au départ, pas de suivi clinique ensuite, pas de Sécu.
Avantages réels, il y en a. Rapidité. Coût apparent plus bas pour une plaque simple. Accès, dans les zones sous-dotées. Pour une urgence de quelques nuits, certains y voient une solution. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas un plan de traitement.
Risques d'une gouttière sans diagnostic
Sans examen clinique, caries, infections, parodontite, cracks, dysfonctionnements d’ATM passent sous la pièce. Une gouttière sur une dentition non saine aggrave.
- Maladaptation. Douleurs, plaies de gencive, dents qui bougent sans contrôle. L’aligneur sauvage est le pire cas : on déplace sans plan.
- Absence de diagnostic. La gouttière confine plaque et sucres. Une carie sous coque avance plus vite qu’au grand air.
- Matériaux. Un labo sérieux sélectionne. Le circuit opaque, moins.
- Aggravation occlusale. Une plaque mal conçue crée des interférences et des douleurs articulaires. Le rattrapage coûte plus cher que le devis « économique » de départ.
Le modèle sûr, c’est le prothésiste qui travaille avec un cabinet : le dentiste prescrit et contrôle, le laboratoire fabrique. Gagner du temps et de l’argent n’est pas illégitime. Ignorer le diagnostic l’est, médicalement. Le plastique exécute. Il ne pense pas.
Prix et remboursement en France
Les fourchettes ci-dessous sont celles que l’on croise en cabinet. Elles ne sont pas un tarif opposable. Ville, laboratoire, complexité, marque, nombre de gouttières, taquets, raffinements, contentions incluses ou non : le devis écrit tranche, Instagram non.
| Gouttière | Fourchette fréquente | Sécu |
|---|---|---|
| Occlusale / bruxisme sur mesure | 200 à 600 € | Parfois un acte conventionné, souvent hors nomenclature |
| Blanchiment cabinet (protocole) | 300 à 800 € | Non (esthétique) |
| Alignement (série d’aligneurs) | 1 500 à 5 000 € | 0 après 16 ans ; mutuelle = forfait |
| Contention (gouttière de nuit) | Souvent dans le devis ortho, ou à part | Parfois un forfait ortho |
Orthodontie : la Sécurité sociale peut intervenir avant 16 ans, sous conditions (environ 193,50 € par semestre, six semestres au plus, accord préalable). Après 16 ans, l’alignement adulte n’est pas remboursé par la Sécu. La mutuelle, si elle a un poste « ortho adulte », verse un forfait, souvent avec délai d’attente. Un alignement à 1 800 € sans contention, sans raffinements, n’est pas comparable à 4 200 € tout compris.
Blanchiment : acte esthétique, Sécu à zéro. Occlusale : hors nomenclature dans beaucoup de cabinets ; certaines mutuelles participent. Gouttière obtenue sans prescription : pas de circuit Assurance maladie. Le « moins cher » ignore le rattrapage.
Chirurgie orthognathique : autre étage, autre nomenclature. Une part Sécu sur l’acte chirurgical quand il est indiqué ; l’ortho adulte reste largement à charge. On ne mélange pas la ligne « gouttières » et la ligne « ostéotomie ». Deux devis, deux calendriers, une équipe.
FAQ
En résumé
Nommez d’abord le job de la gouttière dentaire : aligner (20 à 22 h, 6 à 18 mois), protéger la nuit, blanchir selon un protocole, ou tenir le résultat. Ensuite seulement on parle de plastique, d’heures et de prix : occlusale 200 à 600 €, blanchiment 300 à 800 €, alignement 1 500 à 5 000 €, Sécu muette sur l’ortho adulte.
L’avant / après réaliste, c’est un alignement, pas un nouveau visage. Un décalage osseux se discute en équipe, ostéotomie comprise, sur 18 à 36 mois : la gouttière prépare et stabilise, elle ne remplace pas le bistouri. Le prothésiste fabrique très bien ; sans dentiste, il n’y a ni diagnostic, ni Sécu, ni filet si la pièce déplace ce qu’il ne fallait pas. Le praticien pose l’indication. Le plastique exécute.