Onlay dentaire céramique sur une molaire restaurée

Onlay dentaire : avant / après, pose, prix et différence avec l'inlay

L’onlay dentaire répare une molaire ou une prémolaire trop abîmée pour un simple composite, encore trop saine pour une couronne. Avant la pose, on voit la cavité, une pointe fêlée, parfois le gris d’un ancien amalgame. Après, la surface redevient lisse, la teinte se fond, la mastication reprend, sans qu’on ait taillé le tour de la dent.

Ce n’est pas un plombage plus gros. C’est une pièce fabriquée hors de la bouche, sur mesure, puis collée au cabinet. La qualité de ce collage décide de la durée.

Inlay, onlay, overlay, endocouronne : même famille, surfaces différentes. Voici ce qu’est vraiment un onlay, pourquoi on le choisit plutôt qu’un composite posé en bouche ou qu’une couronne, comment se passent la préparation, l’empreinte et le collage, ce qui change avant / après, ce que valent les matériaux, combien de temps ça tient et pourquoi ça casse, ce que ça coûte et ce que la Sécurité sociale rembourse, et comment le faire durer.

À retenir

  • Inlay : intérieur de la dent, sans recouvrir les pointes. Onlay : intérieur et une ou plusieurs pointes. Overlay : toute la face qui mâche. Endocouronne : overlay ancré dans la chambre du nerf d’une dent dévitalisée.
  • Indication type : cavité trop large pour un composite posé en bouche, pointe fêlée ou trop fine, gros amalgame à remplacer, dent encore assez saine pour éviter la couronne.
  • Céramique bien collée : 10 à 15 ans en pratique courante, environ 95 % encore en place à cinq ans et 90 % à dix ans dans les études. Le collage, l’épaisseur et le serrement nocturne décident autant que le matériau.
  • Deux séances en protocole classique, une seule avec usinage au fauteuil. Champ sec obligatoire au collage : sans champ en caoutchouc, le joint ne tient pas.
  • Prix courants : 200 à 500 € en composite, 400 à 800 € en céramique. Base Sécu 100 à 150 €, remboursée 60 à 90 €. Mutuelle pour le reste.
  • Le « après » n’est pas une dent de publicité. C’est une molaire qui redevient une molaire, pour longtemps, si le joint reste propre.

Qu'est-ce qu'un onlay dentaire ?

L’onlay est une restauration indirecte. Au lieu de remplir la dent en bouche, couche par couche, le dentiste prépare la cavité, en prend l’empreinte, et une pièce est fabriquée hors de la bouche, au laboratoire ou à l’usineuse, puis collée d’un bloc. La différence n’est pas seulement esthétique. Un composite qui durcit en bouche se rétracte de 2 à 3 % en volume, tire sur les parois, laisse des tensions et, sur un gros volume, finit par fuir aux bords. Une pièce cuite ou usinée à l’extérieur est déjà stable quand on la colle : le seul matériau qui se rétracte est le fin film de colle. Résultat : meilleure forme, joint plus stable, pointes solidarisées, à condition que le collage soit fait dans les règles.

L’idée est de préserver l’émail et les parois saines. Le collage sur l’émail est ce qu’il y a de plus fiable en dentisterie, et une dent qu’on ne taille pas tout le tour garde sa résistance et son nerf. La couronne remplace la dent. L’onlay la complète. Ce n’est pas le même niveau de réparation, et on ne revient pas en arrière.

Inlay, onlay, overlay, endocouronne : le vocabulaire

  • Inlay : la pièce s’insère à l’intérieur de la dent, entre les pointes de mastication (les cuspides), qu’elle ne recouvre pas. Indiqué quand les parois sont épaisses et solides. De plus en plus rare : à ce volume, un composite posé en bouche bien fait suffit souvent.
  • Onlay : la pièce comble la cavité et recouvre une ou plusieurs pointes affaiblies, fêlées ou trop minces. C’est le cœur de l’indication : protéger ce qui casserait.
  • Overlay : toute la face qui mâche est recouverte, les parois latérales sont conservées. Indiqué sur les dents dévitalisées qui ont gardé leurs parois, et sur les dents usées par le serrement ou l’acide, où l’on ajoute de la hauteur sans presque rien tailler.
  • Endocouronne : un overlay en céramique d’un seul bloc qui recouvre la dent et s’ancre dans la chambre du nerf d’une molaire dévitalisée, sans tenon ni inlay-core. Moins de taille, moins d’étapes, résultats à dix ans comparables à la couronne classique sur molaire.
  • Veneerlay : un overlay prolongé sur la face visible de la dent, pour une prémolaire qui se voit au sourire. Détail : veneerlay.

Cinq noms, un principe : coller une pièce sur mesure sur ce qui reste de dent saine, plutôt que de l’entourer d’une couronne. Le nom exact sur le devis importe moins que la réponse à une question : quelles pointes seront recouvertes, et pourquoi.

Pourquoi choisir un onlay plutôt qu'un plombage classique ?

La question n’est pas « onlay ou rien ». C’est : que peut encore tenir cette dent, et avec quoi ? Petite cavité, parois épaisses : le composite posé en bouche reste pertinent, moins cher, en une séance. Voir le détail des tarifs du composite. Les repères qui font basculer vers l’onlay sont assez précis :

  • La cavité dépasse la moitié de la largeur de la dent entre les pointes : le composite posé en bouche se rétracte trop, et les pointes restantes travaillent en porte-à-faux.
  • Une pointe fait moins de 2 mm d’épaisseur, ou est fêlée : elle cassera sous la mastication si elle n’est pas recouverte. Voir dent cassée.
  • Deux parois ou plus manquent : le point de contact avec la dent voisine et la forme des sillons ne se reconstruisent bien qu’au laboratoire.
  • Un gros amalgame à remplacer a déjà fendu une pointe, ou laisse une coque d’émail fine autour de lui.
  • La dent est dévitalisée mais a gardé ses parois : l’overlay ou l’endocouronne la protègent contre la cassure, qui est le premier risque d’une dent sans nerf.

Trois raisons pèsent alors. D’abord la préservation : contrairement à la couronne, on ne taille pas tout le tour de la dent. On garde l’émail, sur lequel le collage est le plus sûr, et le nerf, qu’une taille tout autour agresse. Ensuite la forme : la pièce de laboratoire reconstitue les sillons, les points de contact et la hauteur des pointes, ce qu’un « bouchon » posé en dix minutes ne fait pas. On mâche mieux, le fil passe, la dent voisine ne se carie pas au contact. Enfin la durée. Les études placent les onlays céramique autour de 95 % encore en place à cinq ans et de 90 % à dix ans, là où un gros composite posé en bouche perd 2 à 3 % par an. En cabinet, on parle de dix à quinze ans, si le joint reste propre.

L’esthétique suit. Une fois poli, l’onlay céramique ou composite se voit à peine. C’est largement au-dessus d’un ancien amalgame, interdit en Union européenne pour les réparations posées en bouche depuis janvier 2025. Remplacer un gros plombage gris par un onlay, c’est souvent à la fois un geste mécanique et un geste de sourire. Ce n’est pas une raison de remplacer un amalgame qui tient et ne fuit pas : on ne touche pas à ce qui va bien.

Onlay ou couronne : où passe la frontière

La couronne garde deux indications solides. La dent qui a perdu plus de la moitié de son volume. Et la dent dont les parois restantes sont trop fines ou trop courtes pour être collées, en particulier quand la limite descend sous la gencive et que le champ ne peut pas être gardé sec. Elle a un coût pour la dent : on taille 60 à 70 % de la partie visible, y compris les faces intactes, et une dent vivante couronnée perd son nerf dans un cas sur dix à quinze dans les années qui suivent. Sur une dent qui a encore trois parois et de l’émail au bord, l’onlay est le geste conservateur. Sur une dent détruite jusqu’à la gencive, la couronne, avec un tenon si elle est dévitalisée, reste plus sûre. Entre les deux, la remontée de marge (une fine couche de composite qui relève une limite trop basse jusqu’à un niveau collable) permet souvent de rester en onlay. Un praticien qui propose une couronne sur une dent vivante avec des parois épaisses devrait pouvoir dire pourquoi l’onlay ne convient pas.

Le déroulement de la pose d'un onlay dentaire

Rien de spectaculaire pour le patient : deux anesthésies, du temps, de la précision. Tout se joue dans la préparation et dans le collage. Un onlay parfait de laboratoire, mal collé, ne tient pas.

Préparation de la dent

Sous anesthésie locale, le dentiste retire l’ancienne réparation, la carie et les tissus fêlés, en s’arrêtant sur la dentine saine. Il met ensuite la cavité en forme pour recevoir une pièce collée : angles arrondis, parois légèrement divergentes pour que la pièce s’insère, épaisseur suffisante là où la céramique travaillera (au moins 1 à 1,5 mm sur les pointes recouvertes, sinon elle casse). Il décide aussi quelles pointes seront recouvertes. Toute pointe de moins de 2 mm y passe. Cette étape conditionne la durabilité davantage que le nom du laboratoire.

Cavité d'une molaire préparée pour un onlay, sous champ en caoutchouc
Préparation : la cavité est mise en forme pour une pièce collée. On garde les parois saines, on recouvre les pointes trop fines.

Deux gestes distinguent un protocole moderne. Le scellement immédiat de la dentine : dès la préparation finie, la dentine fraîchement exposée est recouverte d’adhésif, avant l’empreinte. Elle est ainsi protégée des bactéries et de la sensibilité pendant l’attente, et le collage final est meilleur. La remontée de marge, si la carie descendait sous la gencive : une couche de composite relève la limite pour que le collage se fasse au sec. Si la dent est profonde, un test du nerf précède tout. Coller un onlay sur un nerf déjà malade, c’est devoir le percer six mois plus tard (pulpite).

Empreinte, teinte et provisoire

Une empreinte précise de la dent, des voisines et de l’arcade d’en face permet de concevoir la pièce. Selon les cabinets, elle est numérique (caméra dans la bouche, quelques minutes, pas de pâte, fichier envoyé au laboratoire dans l’heure) ou traditionnelle (silicone en deux temps). Les deux donnent d’excellents résultats si le protocole est propre : champ sec, bords lisibles, pas de sang ni de salive. On choisit la teinte sur dent humide, sous lumière du jour ou lampe calibrée, avant que la dent ne sèche et ne s’éclaircisse.

La fabrication prend en général cinq à dix jours. Pendant ce temps, un provisoire en composite ou en résine ferme la dent : pas de sensibilité, pas de nourriture dans la cavité, pas de dent voisine qui bascule dans l’espace. Détail qui compte : le ciment provisoire ne doit pas contenir d’eugénol, une substance qui empêche la colle définitive de prendre. On ne laisse jamais une cavité ouverte une semaine. Avec une usineuse au fauteuil, la pièce est dessinée sur écran, usinée dans un bloc de céramique en une vingtaine de minutes, puis cuite ou polie, et collée dans la même séance. Deux à trois heures au total, pas de provisoire, pas de deuxième anesthésie.

Le collage, minute par minute

Au second rendez-vous (ou dans la foulée si la pièce est usinée au fauteuil), le dentiste dépose le provisoire, nettoie la cavité, essaie la pièce à sec : insertion, contacts avec les voisines, teinte, ajustement des bords. Puis vient le collage, qui décide de tout et qui suit un ordre précis.

  1. Champ opératoire sec : champ en caoutchouc autour de la dent, ou à défaut isolation stricte. La salive est l’ennemi numéro un du collage. Sans champ, le taux de décollement grimpe.
  2. Traitement de la pièce : pour une céramique, acide puis silane, qui crée la liaison chimique avec la colle ; pour un composite, sablage puis silane ; pour la zircone, sablage puis primer spécifique. Sauter cette étape divise la tenue par deux.
  3. Traitement de la dent : sablage léger, acide sur l’émail, adhésif sur émail et dentine.
  4. Colle : composite de collage, souvent le même que pour une réparation mais chauffé pour couler, ou une colle qui durcit à la lampe et toute seule. La pièce est insérée, maintenue, les excès grossiers retirés.
  5. Durcissement à la lampe, long, face par face, à travers la pièce.
  6. Finitions : retrait des excès de colle au joint, en particulier entre les dents où ils irriteraient la gencive ; passage du fil ; polissage du joint.
  7. Contacts : contrôle au papier à articuler, retouches, re-polissage. Un point trop haut se sent dès la fin de l’anesthésie et fatigue la dent.
Champ en caoutchouc isolant une molaire pour coller un onlay
Champ en caoutchouc : le collage se fait au sec. Sans ça, le taux de décollement grimpe.

Séance 1, préparation (45 à 90 min)

  1. Anesthésie locale, test de vitalité si la carie est profonde
  2. Dépose de l’ancienne réparation, élimination de la carie et des tissus fêlés
  3. Mise en forme de la cavité, choix des pointes à recouvrir
  4. Protection de la dentine, remontée de marge si besoin
  5. Empreinte (silicone ou caméra 3D) et choix de teinte
  6. Provisoire compatible avec la colle définitive

Séance 2, collage (30 à 60 min)

  1. Dépose du provisoire, nettoyage, essayage à sec
  2. Pose du champ en caoutchouc
  3. Traitement de la pièce (acide + silane pour la céramique) et de la dent (acide, adhésif)
  4. Collage, durcissement à la lampe, retrait des excès
  5. Contrôle des contacts, polissage, consignes

Onlay, inlay, overlay : on comble la cavité en préservant la dent. Moins invasif qu’une couronne, résultat naturel, fonctionnel. La durée de vie dépend ensuite du matériau, de la qualité de cette préparation et de ce collage, et de l’entretien quotidien. Un suivi régulier au cabinet n’est pas optionnel.

Onlay dentaire avant / après : à quoi s'attendre ?

Avant la pose : cavité, carie, pointe fêlée, structure fragilisée, parfois un amalgame gris qui se voit au sourire, une dent qui fait mal en relâchant la mastication ou qui accroche le fil. Après : la pièce comble le volume manquant, protège les parois faibles et redonne à la dent sa forme, sa hauteur et sa teinte. Ce n’est pas une dent de publicité. C’est une dent qui redevient une dent.

Avant la pose Après la pose
Dent abîmée, carie ou perte de matièreDent restaurée, surface lisse et solide
Parois fragilisées, pointe fêlée ou trop finePointes recouvertes et solidarisées, forces réparties, fêlure stoppée
Amalgame gris visible au sourire, joint qui noircitTeinte adaptée, joint quasi invisible en céramique ou composite
Point de contact ouvert, aliments qui se coincent, fil qui s’accrocheContact rétabli, fil qui passe, dent voisine protégée
Douleur en relâchant la mastication, sensibilité au froidConfort retrouvé après quelques jours à quelques semaines
Risque de fracture à chaque repasDent protégée pour dix à quinze ans si le joint reste propre

L’empreinte précise fait que la pièce épouse la surface. Après la pose, la transition entre émail et onlay est quasiment invisible, surtout en céramique. Les premiers jours, une sensibilité au froid ou à la mastication reste fréquente. Elle recule en général en une à trois semaines, plus vite quand la dentine a été protégée à la première séance. Ce qui doit ramener au cabinet sans attendre : un contact qui « claque » ou une dent qui touche en premier quand on ferme (contact trop haut, réglé en cinq minutes), un fil qui s’accroche au joint (excès de colle), une douleur spontanée ou nocturne (nerf qui souffre, à traiter avant qu’il ne s’infecte).

Le « après » qui tient, lui, se joue plus tard. Joint propre, serrement contrôlé, contrôles annuels. Un onlay ne protège pas contre une nouvelle carie si la plaque stagne contre le bord. La céramique ne se carie pas. La dent en dessous, si.

Céramique, composite, métal

Le matériau se choisit sur l’épaisseur disponible, la position de la dent, le serrement nocturne, la dent d’en face et le budget, dans cet ordre. Un bon praticien n’a pas un matériau préféré. Il a un matériau par situation.

Matériau Points forts Limites Pour qui
Céramique (disilicate de lithium)Résistance élevée, se colle très bien, translucidité proche de l’émail, stable dans le temps, usinableCasse si trop fine (moins de 1 mm), réparation en bouche limitée, prixLa référence pour la plupart des onlays, prémolaires visibles comprises
Céramique feldspathiqueLa plus esthétique, très douce pour la dent d’en facePlus fragile, réservée aux épaisseurs confortables et aux bouches sans serrementPrémolaires au sourire, inlays esthétiques
Composite de laboratoire ou bloc hybride usinéAmortit les chocs, se répare facilement en bouche, usure amicale pour la dent d’en face, moins cherSe tache et s’use plus vite, durée un peu en dessous, joint qui vieillitSerreurs avec gouttière, dents du fond peu visibles, budgets serrés, jeunes patients
ZirconeTrès résistante à la fractureSe colle moins bien, opaque, peut user la dent d’en face si mal polie. Voir zirconeCas particuliers, plutôt les couronnes que les onlays
Or (alliage précieux)Longévité record (20 à 30 ans courants), ne casse pas, usure identique à l’émailVisible, prix du métal, se scelle plus qu’il ne se colle, laboratoires de moins en moins nombreuxMolaires du fond chez les gros serreurs

En pratique française aujourd’hui, la grande majorité des onlays sont en disilicate de lithium, usinés ou pressés, avec les blocs hybrides en seconde position dans les cabinets équipés d’une usineuse. La céramique ne se carie pas, ne se tache pas, ne se rétracte pas. Elle demande une épaisseur minimale et un collage rigoureux. Le composite pardonne davantage la finesse et se répare. Il vieillit plus vite. L’or reste imbattable en longévité, et presque disparu pour des raisons d’esthétique et de coût. Une molaire de fond n’a pas les mêmes contraintes qu’une prémolaire au sourire, et une bouche qui grince la nuit n’a pas les mêmes contraintes qu’une bouche calme.

Durée de vie et modes d'échec

Les études sur les onlays en céramique donnent environ 95 % encore en place à cinq ans et de l’ordre de 90 % à dix ans, meilleures sur les dents vivantes que sur les dents dévitalisées, et meilleures avec un champ en caoutchouc qu’avec un simple rouleau de coton. Le composite fabriqué hors bouche se situe quelques points en dessous. En cabinet, on parle de dix à quinze ans pour la céramique, souvent plus. Quand un onlay échoue, c’est presque toujours pour l’une de ces raisons, et chacune a sa prévention.

  • Cassure de la céramique. Première cause d’échec. Épaisseur insuffisante, serrement sans gouttière, contact trop haut jamais réglé, choc sur un noyau. Prévention : au moins 1 à 1,5 mm de céramique, contacts vérifiés, gouttière de nuit chez qui serre.
  • Carie au joint. Deuxième cause, et la plus lente. La plaque stagne au bord, souvent entre les dents où la brosse ne va pas. Prévention : fil ou brossettes chaque soir, fluor, contrôle annuel avec radio pour voir sous le contact.
  • Décollement. Rare avec un protocole complet. Fréquent quand le champ n’était pas sec, que la céramique n’a pas été traitée, ou que le provisoire contenait de l’eugénol. Une pièce intacte se recolle. Une dent restée ouverte quinze jours se carie et se sensibilise.
  • Cassure de la dent elle-même, sous ou à côté de la pièce. Pointe laissée trop fine et non recouverte, dent dévitalisée sans recouvrement complet. Prévention : recouvrir ce qui est fin, overlay ou endocouronne sur dent dévitalisée.
  • Nerf qui meurt. Une dent vivante réparée en profondeur peut voir son nerf mourir dans les mois ou les années qui suivent, dans quelques pour cent des cas. Ce n’est pas l’onlay qui le tue : c’est la carie qui l’avait déjà atteint. La dévitalisation se fait alors à travers la pièce, souvent sans la changer.
  • Usure ou coloration du joint sur un composite : le liseré qui brunit après des années. Esthétique, pas grave. Se polit ou se reprend localement.

Un éclat de céramique ne condamne pas la pièce : il se répare en bouche avec du composite après sablage et silane, et tient des années. Une cassure qui traverse la pièce, ou un joint ouvert, imposent de refaire. Dans tous les cas, on cherche la cause avant de refaire la même chose au même endroit.

Prix et remboursement

Fourchette française courante : environ 200 à 500 € en composite, 400 à 800 € en céramique, selon le cabinet, le laboratoire, l’usinage au fauteuil ou non, le nombre de faces et la ville. Le composite ou l’alliage non précieux entre souvent dans le panier à tarifs maîtrisés, avec un plafond d’honoraires autour de 350 €. La céramique relève des tarifs libres. Un onlay parisien en céramique dépasse parfois cette fourchette. Une endocouronne se facture plutôt comme une couronne. Le devis écrit est obligatoire, avec le matériau, le nombre de faces et le panier.

L’Assurance maladie rembourse une fraction d’une base d’environ 100 € (deux faces) à 150 € (trois faces et plus), soit de l’ordre de 60 à 90 €, au taux de 60 % en vigueur depuis octobre 2023. La mutuelle prend souvent une part du reste, en pourcentage de cette base ou via un forfait prothèse. « 200 % de la base », c’est deux fois la base de 100 à 150 €, Sécu comprise, pas 200 % de la facture. L’onlay céramique n’est pas dans le panier 100 % Santé à reste à charge zéro. Certains contrats le couvrent bien, d’autres pas du tout, et le forfait annuel « prothèses » se partage avec les couronnes de l’année. Comparer uniquement le prix, hors devis détaillé (matériau, labo, garantie, champ sec), n’a pas de sens. Un onlay à 250 € qui se décolle à dix-huit mois coûte plus cher qu’un 650 € qui tient douze ans, et bien moins cher que la couronne, le tenon, puis l’implant qui suivent une molaire cassée faute de recouvrement.

Conseils pour entretenir son onlay dentaire

La pièce est solide. Le joint, lui, paie l’addition si la plaque stagne, et la dent d’en face paie si l’onlay est mal poli ou si vous grincez. L’entretien quotidien change réellement le pronostic. Les échecs à dix ans se concentrent chez les patients qui ne passent pas le fil et chez ceux qui serrent sans gouttière.

  • Les premières 24 heures. Éviter de mâcher du dur côté onlay le jour du collage, ne pas tirer sur le fil au joint avant le lendemain. Une sensibilité au froid les premiers jours est normale. Une dent qui touche « en premier » ne l’est pas : on rappelle.
  • Hygiène de joint. Brosse souple au moins deux fois par jour, dentifrice fluoré. Fil ou brossettes une fois par jour, en glissant le long du bord de l’onlay : c’est là que la carie repart. Voir aussi hygiène dentaire et fil dentaire.
  • Aliments trop durs. Glaçons, noyaux, sachets ouverts avec les dents, nougat collant, pop-corn mal éclaté : la céramique peut s’ébrécher. L’onlay est solide, pas indestructible, et il ne prévient pas.
  • Serrement. Si vous serrez ou grincez la nuit, ou si le dentiste voit des traces d’usure, dites-le avant la pose. Une gouttière de protection sur mesure protège l’onlay, la dent d’en face et le collage. Sans elle, la céramique casse ou use la dent d’en face.
  • Chocs thermiques. Céramique et dent ne se dilatent pas pareil. Glacé puis café brûlant, à répétition, fatigue le joint. Espacez, surtout les premières semaines.
  • Contrôles. Une fois par an : intégrité de la pièce, joint, contacts, radio pour surveiller sous le contact, vitalité de la dent. On rattrape petit ce qu’on refait grand trois ans plus tard.
  • Blanchiment. Les produits éclaircissants agissent sur l’émail, pas sur la céramique ni sur le composite. Un blanchiment après la pose peut créer un décalage de teinte. On blanchit avant, on pose deux semaines après.
Passage du fil dentaire au bord d'un onlay
Le fil, chaque soir, le long du joint. La céramique ne se carie pas. La dent en dessous, si.

Reconnaître les signes d'usure ou de problème

Surveillez l’aspect et la sensation. Liseré qui brunit au bord, gêne à la mastication, sensibilité au froid qui revient après des années de calme, fil qui s’accroche ou s’effiloche au même endroit, aliments qui se coincent à un contact qui fermait, morceau qui « claque » ou bouge en mâchant, goût ou odeur localisés : on consulte. Un onlay bien entretenu dure de nombreuses années, mais un joint qui fuit ne se répare pas seul, et une pièce décollée ne se recolle pas à la maison.

Produit Utilité Fréquence
Brosse à dents souple, dentifrice fluoréNettoyage quotidien de la dent et de l’onlay, protection du joint contre la carie2 fois par jour
Fil dentaire ou brossettesPlaque entre les dents et le long du joint, là où la carie repart1 fois par jour, le soir
Gouttière de nuit sur mesureProtéger l’onlay et la dent d’en face du serrement nocturneToutes les nuits si vous serrez
Bain de bouche sans alcoolAppoint d’hygiène, sans agresser le collage ni dessécherSelon avis du dentiste

Un bain de bouche sans alcool, si le dentiste le conseille. L’alcool dessèche et n’apporte rien au joint. Aucun bain de bouche ne remplace le fil au bord de l’onlay.

Indications et limites

On pose un onlay si…

  • Carie moyenne à large, cavité qui dépasse la moitié de la largeur de la dent, sans indication de couronne
  • Cassure ou fêlure d’une pointe, pointe restante de moins de 2 mm
  • Remplacement d’un amalgame volumineux qui fuit ou a fendu la dent
  • Dent dévitalisée qui a gardé ses parois : overlay ou endocouronne plutôt que tenon et couronne
  • Usure par serrement ou acides sur plusieurs dents : overlays fins pour redonner de la hauteur sans tailler
  • Dent encore vivante. Sauver le nerf est même l’une des meilleures raisons de coller plutôt que de couronner

On ne pose pas si…

  • Plus de la moitié de la dent a disparu, parois restantes trop fines ou trop courtes pour coller : plutôt une couronne
  • Limite trop basse sous la gencive, sans possibilité de remontée de marge, isolation impossible (le collage a besoin d’un champ sec)
  • Nerf déjà malade non traité : on soigne d’abord
  • Hygiène insuffisante, caries actives multiples : le joint collé le paiera
  • Serrement sévère sans gouttière, ou refus de la gouttière
  • Dent dévitalisée trop détruite, sans parois : plutôt inlay-core et couronne

Questions à poser à son dentiste

Six questions, réponses en deux minutes. Elles disent plus sur la qualité de l’onlay à venir que le prix du devis.

  1. Quelles pointes allez-vous recouvrir, et pourquoi celles-là ?
  2. La dent est-elle vivante, et l’avez-vous testée ? Si elle est dévitalisée, pourquoi un onlay plutôt qu’une couronne, ou l’inverse ?
  3. Quel matériau, et quelle épaisseur aurez-vous là où je mâche ?
  4. Collez-vous sous champ en caoutchouc ? Protégez-vous la dentine à la première séance ?
  5. Laboratoire ou usinage au fauteuil ? Où est fabriquée la pièce ?
  6. Est-ce que je serre la nuit d’après ce que vous voyez, et faut-il une gouttière ?

FAQ

En résumé

L’onlay dentaire sauve une dent qu’un plombage ne tiendrait plus, sans la tailler en couronne. Il comble la cavité et recouvre les pointes trop fines pour tenir seules. Sur mesure, collé sous champ sec, quasi invisible en céramique ou composite, il tient 10 à 15 ans, souvent plus, si le joint est propre, l’épaisseur suffisante et le serrement contrôlé.

Deux séances (une si usinage au fauteuil), un collage qui suit le protocole sans raccourci, 200 à 500 € en composite ou 400 à 800 € en céramique dont 60 à 90 € de Sécu, une hygiène de joint, une gouttière si vous serrez, des contrôles. C’est ce qui fait tenir le « après », et la molaire qu’on garde.