Angela Rossi
Inlay et onlay : différences et remboursement
Mis à jour le
Une carie large, une pointe cassée, un ancien plombage qui lâche : le dentiste dispose de plusieurs façons de refermer la dent. Entre le composite posé en bouche et la couronne qui ceinture tout, il existe une pièce fabriquée sur mesure, puis collée. Selon la surface qu’elle recouvre, on l’appelle inlay ou onlay. Voici ce qui les distingue, comment se déroule la pose, et ce que l’Assurance maladie verse en 2026.
À retenir
- L’inlay comble l’intérieur de la dent, entre les pointes. L’onlay recouvre en plus une ou plusieurs pointes.
- On y a recours quand la perte de tissu est trop grande pour un composite direct, et encore trop limitée pour une couronne.
- Deux séances en général : préparation et empreinte, puis collage. Une seule séance si le cabinet usine la pièce sur place.
- Composite et céramique se teintent près de la dent. L’or se voit, et dure longtemps sur une molaire du fond.
- Pour l’acte courant en composite ou alliage non précieux, la base Sécu est de 100 €. L’Assurance maladie verse 60 €. Le plafond 2026 est de 360,50 €. La céramique n’est pas plafonnée, et l’inlay-onlay n’entre pas dans le 100 % Santé.
À quoi correspondent un inlay et un onlay ?
Le geste de départ est le même. On retire le tissu abîmé, on nettoie la cavité, puis on la ferme avec une pièce unique, fabriquée hors de la bouche à partir d’une empreinte. La pièce est cuite ou usinée, puis rapportée au cabinet pour être collée d’un bloc. Sur un gros volume, elle se rétracte moins que des couches de résine durcies dans le fauteuil, et les parois encaissent mieux la mastication.
La frontière entre les deux noms, c’est la pointe de la dent, la cuspide.
- L’inlay reste à l’intérieur. Il occupe le creux, entre les pointes, sans les recouvrir. On le choisit quand la cavité est devenue trop grande pour un composite posé en bouche, et que les parois autour sont encore épaisses. Une fois collé et poli, il se fond dans la dent.
- L’onlay va jusqu’à la surface. La perte de tissu a atteint une pointe, ou la paroi qui reste est trop mince pour la mastication. La pièce recouvre alors une ou plusieurs pointes, en plus de combler le creux, et les empêche de se fendre. Quand toutes les pointes sont couvertes, on parle parfois d’overlay : même logique, surface plus large.
| Pièce | Ce qu’elle recouvre | Situation typique |
|---|---|---|
| Inlay | L’intérieur de la dent, entre les pointes | Cavité large, parois encore solides |
| Onlay | L’intérieur, plus une ou plusieurs pointes | Pointe fêlée ou paroi trop fine |
| Couronne | Tout le tour de la dent | Parois insuffisantes pour coller une pièce partielle |
Plusieurs matériaux conviennent aux deux pièces. Le composite de laboratoire et la céramique, souvent un disilicate de lithium, se choisissent dans une teinte proche de la dent. La céramique se tache très peu et se colle très bien, à condition de garder une épaisseur suffisante, en pratique autour d’un millimètre là où l’on mâche. Le composite coûte en général moins cher, se répare plus simplement en bouche, et s’use un peu plus vite. L’alliage non précieux est discret au fond de la bouche. L’or dure le plus longtemps et use l’émail d’en face à peu près comme une dent : il se voit, on le réserve aux molaires du fond.
L’inlay-core est un autre acte
Quand la dent est dévitalisée et qu’il ne reste plus assez de parois pour porter une couronne, le dentiste peut poser un inlay-core. Le mot « inlay » s’y retrouve. L’acte est un ancrage, souvent métallique, scellé dans la racine pour reconstituer un moignon. La couronne vient ensuite par-dessus.
Quand et comment se posent inlay et onlay ?
Ces pièces conviennent à une dent abîmée, très souvent après une carie, lorsque combler le trou au fauteuil ne suffit plus et qu’une couronne enlèverait encore de la dent saine. Les cas qui reviennent : une carie qui a creusé large, un amalgame qui fuit ou sous lequel une paroi a cédé, une pointe de molaire cassée, une prémolaire dont une paroi est devenue très mince. Le détail des petites cavités est dans le guide du composite. Une dent cassée se range ici seulement si assez de parois restent.
On change d’étage si plus de la moitié de la dent a disparu, si le bord prévu descend loin sous la gencive, ou s’il ne reste presque plus d’émail pour coller. La couronne est alors plus sûre. Sur une molaire dévitalisée qui a gardé ses parois, un onlay qui recouvre les pointes protège la dent sans la tailler tout le tour. Si les parois sont parties, on revient à l’inlay-core et à la couronne.
La pose classique tient en deux rendez-vous.
Le premier sert à préparer la dent. Anesthésie si elle est encore vivante. On retire la carie ou l’ancien matériau, on donne à la cavité une forme qui laisse entrer la pièce, et on vérifie qu’aucune paroi trop fine ne reste en place. Le matériau se choisit à ce moment-là : il est écrit sur le devis avant que le laboratoire ne démarre. Puis vient l’empreinte, par caméra ou par silicone. Elle enregistre la cavité, les dents voisines et l’arcade d’en face, et part au laboratoire, qui fabrique la pièce sur mesure. Un pansement provisoire ferme la dent pendant quelques jours, parfois jusqu’à deux semaines.
Le second rendez-vous est celui du collage. On retire le provisoire, on essaie la pièce, on règle la façon dont les dents se touchent. Une céramique ou un composite se colle au sec, sous un champ en caoutchouc : la salive à cet instant est la cause habituelle d’un décollement précoce. Un alliage, surtout l’or, se fixe plus souvent avec un ciment. Le protocole change avec le matériau, et il ne se raccourcit pas.
Certains cabinets équipés d’une usineuse regroupent tout dans la même séance : empreinte numérique, conception, usinage, collage. Le temps au fauteuil est plus long, le provisoire disparaît. L’exigence du collage reste la même.
Les jours qui suivent, une sensibilité au froid est banale si la dent est vivante. Elle s’estompe en général en quelques jours, parfois en deux ou trois semaines. Une douleur qui lance la nuit vient du nerf : on rappelle. Pour la suite, le fil passe au joint, comme au bord d’une dent. On évite de croquer un glaçon ou un os sur cette molaire. Si vous serrez la nuit, une gouttière protège la céramique. Une pièce qui se décolle se recolle au cabinet lorsqu’elle est intacte.
Quel est le remboursement pour ces deux solutions ?
Le prix dépasse celui d’un composite posé en une séance : il y a un laboratoire, ou une usineuse, et un collage qui prend du temps. En France, le composite et l’alliage non précieux se facturent le plus souvent entre 200 € et le plafond légal. La céramique, sans plafond, se situe souvent entre 400 et 800 €, selon le cabinet, le laboratoire et la ville. L’or suit le cours du métal.
Depuis le 15 octobre 2023, l’Assurance maladie rembourse les actes dentaires à 60 % de la base. Les 60 % s’appliquent à cette base, et le prix inscrit sur la facture peut être bien plus élevé. Pour la restauration d’une dent sur deux faces ou plus par un inlay-onlay en composite ou en alliage non précieux, la base est de 100 €. Le versement de l’Assurance maladie est donc de 60 €.
Cet acte relève du panier à tarifs maîtrisés. Au 1er janvier 2026, le dentiste ne peut pas le facturer au-delà de 360,50 €. La céramique et l’alliage précieux relèvent du panier à tarifs libres : aucun plafond ne s’applique. L’inlay-onlay ne figure pas dans le panier 100 % Santé à reste à charge zéro. Une couronne du panier RAC 0 peut, avec une mutuelle responsable, ne rien laisser à payer. Un onlay, lui, laisse un reste, que la mutuelle réduit selon le contrat.
| Matériau | Panier | Plafond 2026 | Base et part Sécu |
|---|---|---|---|
| Composite ou alliage non précieux, 2 faces ou plus | Tarifs maîtrisés | 360,50 € | Base 100 €, soit 60 € versés |
| Céramique ou alliage précieux | Tarifs libres | Aucun | 60 % de la base indiquée sur le devis |
La mutuelle se lit sur cette base de 100 €, pas sur la facture. Le pourcentage annoncé est le total, part de l’Assurance maladie comprise.
- 100 % de la base. 100 € au total, dont 60 € de Sécu. Sur une pièce facturée au plafond de 360,50 €, il reste 260,50 €.
- 300 % de la base. 300 € au total, dont 60 € de Sécu. Sur la même facture de 360,50 €, il reste 60,50 €. Sur une céramique à 650 €, il reste 350 €.
- Forfait annuel en euros. Il se partage avec les autres prothèses de l’année, couronnes comprises. Une fois le forfait épuisé, la Sécu continue de verser ses 60 €, et le reste est à votre charge.
Le reste à charge et le fonctionnement des remboursements se lisent contrat par contrat. L’inlay-core suit une autre ligne : en 2026, sa base est de 70 €, l’Assurance maladie en verse 42 €, et son prix est plafonné à 150 € lorsqu’il accompagne une couronne des paniers encadrés.
Un devis écrit est obligatoire avant de lancer la fabrication. Il nomme le matériau, la base, la part de l’Assurance maladie, la part estimée de la mutuelle et le reste à charge. C’est ce document qui permet de comparer deux cabinets, pas une fourchette lue sur internet.
Questions fréquentes
En résumé
L’inlay comble l’intérieur d’une dent abîmée. L’onlay recouvre en plus une ou plusieurs pointes. Les deux sont des pièces sur mesure, collées après une empreinte, quand un composite direct ne suffit plus et qu’une couronne enlèverait encore de la dent saine.
La pose tient en deux séances, ou en une seule si le cabinet usine la pièce. Le collage se fait au sec. Composite et céramique prennent la teinte de la dent. L’or se réserve au fond de la bouche.
En 2026, pour le composite ou l’alliage non précieux sur deux faces ou plus, la base est de 100 € et l’Assurance maladie verse 60 €. Le prix est plafonné à 360,50 €. La céramique est à tarif libre. La mutuelle se calcule sur la base, pas sur la facture.