Consultation au cabinet pour une dent qui ne sort pas

Qu’est-ce qu’une inclusion dentaire ?

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Une dent définitive qui ne vient pas, un trou qui reste dans le sourire, une dent de sagesse invisible sur l’arcade : c’est souvent une inclusion. D’où vient-elle, qu’est-ce qu’elle abîme autour d’elle, et comment la repère-t-on à temps pour la traiter ?

À retenir

  • Une dent incluse est une dent définitive qui reste dans l’os, sous la gencive.
  • Les dents de sagesse dominent. La canine du haut vient ensuite. L’incisive incluse est rare.
  • Les causes se recoupent : manque de place, mauvais trajet, kyste, ankylose, dent en trop, choc ancien sur une dent de lait.
  • Elle peut ronger la racine d’à côté, former un kyste, ou infecter la gencive sans avoir jamais fait mal.
  • Le bon moment pour la voir, c’est le retard d’éruption, surtout entre 6 et 12 ans. L’orthodontie qui la ramène est prise en charge si elle commence avant 16 ans : 193,50 € par semestre, pas la facture entière.

Qu’est-ce que l’inclusion dentaire ?

Une dent incluse est une dent définitive qui a fini de se former, ou presque, et qui ne perce pas. Elle reste dans l’os de la mâchoire, coiffée par la gencive. Parfois seule la couronne affleure : la dent est semi-incluse. Le mot désigne la position, pas une maladie à part. Toutes les dents ne s’y prêtent pas de la même façon.

Dent À quel point c’est fréquent Ce qu’on voit en bouche
Dent de sagesse La plus concernée. Environ une personne sur quatre a au moins une sagesse qui ne finit pas de sortir. Rien au fond, ou un capuchon de gencive. Douleur et gonflement si ça s’infecte.
Canine du haut Autour de 1 à 2 %. Plus souvent chez les filles, souvent du côté du palais. La dent de lait tient, le bombé habituel vers 9-10 ans n’est pas là.
Incisive Rare, bien en dessous de 1 %. Une incisive du haut manque alors que l’autre est sortie depuis des mois.

Ce que l’inclusion change

Une dent coincée n’est pas seulement absente du sourire. Autour d’elle, plusieurs choses peuvent se passer, parfois sans douleur pendant des années.

  • La voisine souffre. Une canine incluse peut ronger la racine de l’incisive d’à côté. Une sagesse appuyée sur la dent de douze ans la carie par-derrière, là où la brosse ne va pas.
  • Un kyste peut grossir à partir du sac qui entoure la couronne. L’os se creuse en silence. Le kyste dentaire de ce type se voit sur la radio, pas au doigt.
  • La gencive s’infecte quand la dent est à moitié sortie. C’est le tableau classique de la dent de sagesse : opercule, débris, joue gonflée.
  • Le sourire se décale. Une incisive bloquée laisse un trou. Une canine qui ne descend pas laisse la dent de lait, qui finit par se résorber et tomber sans remplaçante.

Des causes multiples pour un même mal

Plusieurs mécanismes aboutissent à la même image : une dent définitive qui ne prend pas sa place. On les retrouve souvent ensemble.

Manque de place et trajet anormal

La mâchoire est trop courte pour la dernière molaire, ou les dents déjà en place ont fermé le couloir. La dent à venir reste derrière, couchée, ou coincée contre la racine d’à côté. C’est le scénario le plus fréquent des dents de sagesse incluses.

La canine du haut a un trajet plus long que les autres dents. Elle doit descendre depuis haut sous l’œil, entre les racines des incisives et de la prémolaire. Si elle part vers le palais au lieu du vestibule, elle s’arrête même quand la place semble suffisante. Le manque de place et le mauvais axe ne sont donc pas la même histoire.

Kyste et obstacle

Un kyste, un odontome ou une dent en trop peut occuper le chemin. La dent définitive pousse, rencontre l’obstacle, et s’arrête. À l’inverse, une dent déjà incluse peut elle-même fabriquer un kyste autour de sa couronne. La radio distingue les deux : ce qui bloque la sortie, et ce que l’inclusion a créé ensuite.

L’ankylose

Entre la racine et l’os, un fin ligament permet normalement à la dent de bouger. Dans l’ankylose, ce ligament disparaît par endroits. Un pont d’os soude la racine à l’os alvéolaire. La dent est verrouillée. La tirer avec un appareil ne la fait pas descendre : ce sont les dents d’ancrage qui peuvent s’enfoncer. On la reconnaît souvent parce qu’elle reste plus basse que ses voisines, avec un son mat sous l’instrument, et une absence de ligament sur la radio.

Dents surnuméraires et mésiodens

Une dent surnuméraire est une dent en plus du compte normal. On la voit davantage dans la dentition définitive que parmi les dents de lait. La plus courante s’appelle la mésiodens : elle se forme entre les deux incisives centrales du haut.

  • Si elle reste incluse entre les racines, les deux incisives sortent tard, ou elles se couchent l’une vers l’autre. Le lien avec un écart entre les incisives est détaillé sur la page des dents du bonheur.
  • Si elle a déjà percé sur l’arcade, elle peut empêcher une incisive du haut de sortir, ou la dévier de son axe.

Pourquoi cette dent en trop apparaît, on ne le sait pas de façon certaine. Une piste souvent discutée : la lame qui fabrique les dents prolongerait son activité vers le palais, et un germe supplémentaire s’y formerait. Cela reste une hypothèse, pas une cause démontrée chez un enfant donné.

Un choc sur une dent de lait

Une chute qui enfonce ou déplace une dent de lait peut toucher le germe de la dent définitive, juste au-dessus. La racine peut se couder. Le trajet de sortie s’interrompt. L’incisive du haut est la plus exposée : si l’autre est en place depuis plus de six mois et que celle-ci manque, on ne se contente pas d’attendre la « poussée tardive ». Une radio dit si le germe est là, bloqué, ou abîmé.

Prévention vaut mieux que guérison

On ne prévient pas toutes les inclusions. On les voit avant qu’une racine voisine ne soit rongée, et on choisit le traitement pendant que l’os et la croissance permettent encore de ramener la dent. C’est surtout vrai entre 6 et 12 ans.

Quand faire la radio

Une radio panoramique n’est pas un rendez-vous annuel pour un enfant dont les dents arrivent à l’heure. Elle devient utile dès qu’une définitive a du retard sur le calendrier, ou que l’arcade n’est plus symétrique.

  • Vers 7-8 ans : une incisive du haut est sortie, l’autre non, depuis plus de six mois.
  • Vers 9-10 ans : on ne palpe pas le bombé de la canine dans le vestibule, et la dent de lait ne bouge pas.
  • Vers 11-13 ans : la canine n’est toujours pas là.
  • À l’adolescence : les dents de sagesse ne sont pas sur l’arcade. La panoramique montre si elles ont la place, si elles sont couchées, et si elles touchent le nerf.

Entre 6 et 12 ans, cette radio tient dans le bilan d’orthodontie de l’enfant. Elle montre aussi une mésiodens ou un germe parti du mauvais côté, bien avant que le trou dans le sourire ne se voie sur les photos de classe.

Comment faire sortir la dent

Le geste dépend de la dent, de son axe, et de ce qui la retient. Il n’y a pas un seul protocole.

  • Ouvrir la place. Un appareil écarte les dents déjà sorties. Parfois la dent incluse trouve alors son chemin et sort seule.
  • La dégager et la tirer. Si elle ne vient pas, le chirurgien découvre la couronne, colle une petite attache, et l’orthodontiste tire la dent vers l’arcade pendant plusieurs mois. C’est le traitement classique d’une canine du haut, et souvent d’une incisive bloquée.
  • Retirer l’obstacle. Une mésiodens incluse s’extrait en général pour libérer les incisives. On surveille ensuite si l’incisive sort, ou on la tire.
  • Extraire la dent incluse. Dent de sagesse sans place, dent ankylosée, dent qui résorbe sa voisine, kyste déjà large : on enlève la dent plutôt que de la ramener. Le choix d’extraire une dent de sagesse se fait sur la radio, pas parce que « toute sagesse incluse se retire ».

Remboursement avant et après 16 ans

L’orthodontie qui crée la place et qui tire la dent est prise en charge si le traitement commence avant le 16e anniversaire. Trois conditions : un accord préalable de la caisse, un début des soins dans les six mois qui suivent cet accord, et ce début avant les 16 ans. L’Assurance maladie verse alors 193,50 € par semestre, à hauteur de 100 % de cette base, pour six semestres au plus. Les honoraires de l’orthodontiste sont libres. Un semestre se facture souvent entre 600 et 1 200 €. Les 193,50 € ne couvrent pas la facture. La mutuelle prend le relais selon le contrat.

Après 16 ans, ces semestres ne sont plus remboursés. L’exception est étroite : un seul semestre, non renouvelable, avant une chirurgie des mâchoires. Le détail de ce qui change à cet âge est sur la page orthodontie adulte.

Ce calendrier concerne l’appareil, pas toute la chirurgie. Dégager une dent incluse, extraire une mésiodens ou une dent de sagesse, ce sont d’autres actes. Ils ont leur propre base de remboursement, à tout âge. Anticiper avant 16 ans change donc surtout la part orthodontique, celle qui ramène une canine ou une incisive sur l’arcade. Attendre la fin de la croissance pour « voir si elle sort » fait perdre cette prise en charge, et parfois la racine de la dent d’à côté.

Questions fréquentes

En résumé

L’inclusion dentaire, c’est une dent définitive qui reste dans l’os. Les dents de sagesse sont les plus concernées, puis la canine du haut. L’incisive incluse est rare, souvent après un obstacle ou un choc sur la dent de lait.

Manque de place, mauvais trajet, kyste, ankylose, mésiodens : les causes se combinent. Autour, la voisine peut perdre de la racine, un kyste peut grossir, la gencive peut s’infecter.

On la cherche à la panoramique dès qu’une dent a du retard, surtout entre 6 et 12 ans. On ouvre la place, on dégage et on tire, ou on extrait. L’orthodontie est remboursée 193,50 € par semestre si elle commence avant 16 ans. Ce n’est pas la facture, et ce n’est plus le cas après.