Rage de dent - solutions pour soulager la douleur

Rage de dent : Que faire pour soulager la douleur ?

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Adulte ou enfant, une rage de dent peut tomber sans prévenir. La douleur lance, le chaud et le froid la réveillent, et la nuit devient longue. D’où vient-elle, et qu’est-ce qui la calme vraiment en attendant le dentiste ?

À retenir

  • La rage de dent est une douleur du nerf, le plus souvent une pulpite.
  • Cinq origines reviennent : carie profonde, abcès, gencive malade, dent fêlée, dent de sagesse.
  • En attendant : froid sur la joue, paracétamol, rinçage tiède. La chaleur et l’aspirine posée sur la gencive aggravent.
  • Le cabinet, le jour même. Fièvre, joue gonflée, gêne pour avaler : urgences.
  • Deux brossages au fluor, le fil, moins de sucres répétés, et un contrôle avant que la dent ne lance.

Qu’est-ce qu’une rage de dent ?

On appelle rage de dent une douleur vive, souvent en coups, qui prend toute la place. Elle peut monter en quelques heures ou s’allumer d’un coup. Le chaud, le froid et le sucré la réveillent. Elle part parfois de la dent vers la mâchoire, le cou ou l’oreille, au point qu’on ne sait plus quelle dent montrer.

Le plus souvent, c’est le nerf qui s’enflamme. La pulpe, au centre de la dent, enferme les vaisseaux et les filets nerveux dans une boîte dure. Quand elle gonfle, la pression n’a nulle part où aller : c’est une pulpite. Allongé, la nuit, le sang afflue un peu plus et la douleur monte. Une pulpite récente peut encore se calmer si on retire la carie à temps. Plus tard, le nerf ne récupère plus : il faut le retirer, ou la dent finit par mourir. La douleur chute alors parfois d’un coup. L’infection, elle, continue.

Les causes principales de la rage de dent :

Calmer la joue ne dit pas ce qui a allumé le nerf. Cinq situations couvrent la grande majorité des rages de dent vues au cabinet.

La carie dentaire

Des bactéries de la plaque transforment les sucres et l’amidon en acides. Ces acides dissolvent l’émail, puis la dentine, et creusent une cavité. Au début, la dent réagit au froid et au sucré, puis se tait dès qu’on retire le stimulus. Une tache blanche, puis brune, puis un trou, peuvent se voir. Quand la carie atteint la pulpe, l’inflammation devient une pulpite : la douleur part toute seule, la nuit, et ne lâche plus quand le verre d’eau froide est fini.

L’infection dentaire

Un abcès est une poche de pus. Il part d’une racine déjà infectée ou d’une gencive décollée. La dent lance, elle semble haute, la joue peut gonfler : c’est alors une chique. Une infection dentaire de ce type se voit le jour même. Le froid soulage un peu. Il ne vide pas le pus.

Les problèmes de gencives

Une gingivite ou une parodontite enflamme les tissus qui tiennent la dent. La gencive saigne, la dent semble longue, la mastication gêne. Ce tableau est souvent plus sourd que la pulpite, mais un abcès dans une poche parodontale peut lancer tout autant. Un saignement au brossage qui dure se montre avant d’en arriver là.

Le traumatisme

Un choc, une chute, un noyau croqué : la dent se fend ou se casse. La dentine, parfois la pulpe, se retrouve à l’air. La douleur est immédiate, ou elle arrive des semaines plus tard, quand on mord et qu’on relâche. Une dent cassée se montre le jour même, même si le morceau paraît petit. On garde le fragment au lait si la dent est sortie, et on ne le recolle pas à la colle forte.

La poussée des dents de sagesse

Les troisièmes molaires sortent en général entre 17 et 25 ans. Quand la place manque, la gencive garde un capuchon : les aliments s’y coincent, la joue gonfle, la bouche s’ouvre moins. C’est une péricoronarite, pas « la dent qui pousse, ça va passer ». Le guide des dents de sagesse dit quand on surveille et quand on retire la dent. L’extraction se fait le plus souvent sous anesthésie locale. L’anesthésie générale se discute pour un cas complexe, pas par principe. Une bouche qui se ferme se voit le jour même : c’est un trismus.

Comment soulager la douleur ?

Le geste qui soigne se fait au cabinet, le jour même, ou sur la garde dentaire si le cabinet est fermé. En attendant l’heure, on baisse la douleur. On ne tente pas de vider un abcès, et on ne pose rien de chaud sur la joue.

Quand ce n’est plus une douleur à attendre

Fièvre, joue qui gonfle, œil qui se ferme, cou, langue soulevée, difficulté à avaler ou à respirer : c’est une cellulite. Le 15 ou le 112 si l’air passe mal. Chez un enfant, on n’attend pas le lendemain. Une douleur qui s’arrête toute seule après des heures de crise peut vouloir dire que le nerf est mort : le rendez-vous se garde quand même.

Le rinçage à l’eau salée

Un verre d’eau tiède avec une pincée de sel, en rinçant sans forcer, débarrasse un mauvais goût et des débris coincés. On recrache. On ne gargarise pas fort, et on n’avale pas. Ça n’atteint pas un nerf enflammé ni une poche de pus. Un bain de bouche de pharmacie, en cure courte, peut prendre le relais. En usage quotidien « pour tenir jusqu’au rendez-vous », il irrite plus qu’il ne soigne.

Mettre de la glace

Un linge frais ou une poche de froid sur la joue, à l’extérieur, une dizaine de minutes. Jamais la glace à même la peau : elle brûle. La tête un peu surélevée la nuit diminue les élancements. La chaleur, bouillotte ou sèche-cheveux, augmente le débit local et peut aider une infection à s’étendre.

Médicaments en vente libre

Le pharmacien est le bon interlocuteur avant d’ouvrir une boîte, surtout pour un enfant, une femme enceinte, ou quelqu’un qui a déjà un traitement. Le paracétamol couvre la douleur, aux doses écrites sur l’emballage. L’aspirine écrasée sur la gencive brûle la muqueuse.

L’ibuprofène est celui qu’on prend parce que « ça dégonfle ». Sur une infection que l’on soupçonne, joue gonflée ou fièvre, les autorités sanitaires françaises déconseillent de le prendre seul en automédication : la fièvre se masque pendant que la collection peut progresser. S’il n’y a pas de gonflement et que le pharmacien n’y voit pas de contre-indication, il peut aider une pulpite le temps du rendez-vous. On ne dépasse pas la notice, et on n’enchaîne pas deux anti-inflammatoires.

Clous de girofle

Le clou de girofle contient de l’eugénol, qui engourdit un peu la dent. Certaines personnes font infuser un clou dans de l’eau, laissent tiédir, et rincent. L’huile essentielle pure, déposée sur un coton contre la gencive, brûle la muqueuse. On ne l’utilise pas chez l’enfant ni pendant la grossesse. L’engourdissement dure peu. La dent, elle, est toujours à soigner.

Comment prévenir la rage de dent ?

La rage de dent est souvent une carie arrivée trop loin. L’hygiène de tous les jours est ce qui la retarde.

  • Brossage et fil. Deux fois par jour, deux minutes, brosse souple, dentifrice fluoré. Le brossage ne va pas entre les dents : le fil ou les brossettes, chaque jour, couvrent cet espace. Un bain de bouche antibactérien a sa place en cure courte. En permanence, il déséquilibre la bouche et ne remplace pas la brosse.
  • Sucres et amidon. Le risque, ce sont les prises répétées du matin au soir : biscuits, sodas, bonbons, pain grignoté. Les bactéries ont alors le temps de produire de l’acide en continu. Les regrouper au repas, puis rincer à l’eau, change déjà l’exposition. Les laitages, les fruits et les légumes tiennent lieu de repas, à la place du grignotage. C’est le fluor du dentifrice qui reminéralise l’émail après une attaque acide.
  • Le dentiste avant la crise. Un contrôle, et un détartrage quand le tartre est là, attrapent une carie quand elle est encore une tache. Une dent qui lance la nuit est déjà à l’étage du nerf.

Questions fréquentes

En résumé

Une rage de dent est une douleur vive du nerf, le plus souvent une pulpite. Elle part d’une carie profonde, d’un abcès, d’une gencive malade, d’une dent fêlée ou d’une dent de sagesse.

En attendant le rendez-vous : froid sur la joue, paracétamol, rinçage tiède. L’huile de clou de girofle pure brûle la gencive. La chaleur et l’aspirine sur la muqueuse aggravent. Le dentiste, le jour même, traite la cause.

Pour que ça ne revienne pas : brossage au fluor, fil, sucres moins répétés, détartrage. Fièvre, joue, cou, gêne pour avaler : ce sont les urgences.